Prévention des conflits agro-pastoraux : les communautés engagées pour le dialogue à Guéné 

À Guéné, dans la commune de Malanville, le dialogue communautaire se veut désormais un outil de prévention des conflits agro-pastoraux. Du 25 au 27 août 2026, agriculteurs, éleveurs, autorités locales, forces de défense et de sécurité et autres acteurs communautaires ont participé à un atelier de redynamisation et de renforcement des capacités du Comité multi-acteurs pour la cohésion sociale.

Organisée à la salle de réunion de l’UCOM-CVPC de Guéné, la rencontre s’inscrit dans le cadre du projet BEN 053 « Boucliers de paix : le dialogue communautaire pour la prévention des conflits ». L’initiative est portée par la mairie de Malanville, mise en œuvre par l’association Coexister et financée par le MSEC.

Pendant trois jours, les participants ont été formés aux techniques de prévention, de médiation et de résolution pacifique des conflits. L’objectif est de rendre le comité plus opérationnel et capable d’intervenir rapidement face aux tensions entre communautés.

Du diagnostic à l’action

L’atelier intervient après un diagnostic réalisé dans les 16 localités de l’arrondissement de Guéné. Cette démarche a permis de recueillir les préoccupations des populations et d’identifier les causes et manifestations des conflits agro-pastoraux.

Pour Abdou Karim BOURAIMA, coordonnateur de l’association Coexister, il s’agit surtout de donner un nouveau souffle au comité. « Ce qui nous réunit en réalité, c’est une formation pour redynamiser le comité agro-pastoral de prévention des conflits de l’arrondissement de Guéné », a-t-il expliqué.

Les échanges ont porté notamment sur la médiation, la résolution pacifique des différends, la communication sensible aux conflits, le Code pastoral et les règles encadrant les relations entre agriculteurs et éleveurs. Des communications en dendi et en peulh ont également permis d’adapter les enseignements aux réalités locales. « Nos attentes sont que le comité soit redynamisé et puisse servir de médiateur pour prévenir d’abord les conflits et, en cas de conflit avéré, essayer de les résoudre de manière pacifique », a précisé le coordonnateur de Coexister.

Une feuille de route pour le comité

Les participants ont également réfléchi à la pérennité et au fonctionnement du comité. Ils ont notamment proposé une implication accrue des chefs de village et des autorités communales. A la fin des travaux, une feuille de route a été élaborée et validée. Elle doit guider les prochaines actions du comité, notamment en matière d’anticipation des tensions, de prévention et de médiation. Le consultant de l’atelier, Arnauld KASSOUIN, a salué l’implication des participants, qui ont notamment appelé à une meilleure vulgarisation des textes régissant les relations entre agriculteurs et éleveurs.

Présent aux travaux, le commissaire divisionnaire de police Martial DEGBESSOUN, directeur départemental de la Police républicaine de l’Alibori, a insisté sur le lien entre paix, sécurité et développement. « Sans la sécurité, sans la paix, aucun développement durable ne peut s’amorcer dans une société », a-t-il rappelé avant d’inviter agriculteurs et éleveurs à privilégier l’écoute, la tolérance et le dialogue. « Je pourrai simplement les inviter à avoir la patience, le sens de l’écoute et à privilégier le dialogue et la communication, la tolérance, l’acceptation de l’autre », a-t-il déclaré. Le responsable de la Police républicaine a également assuré de la disponibilité de son institution à accompagner les efforts de consolidation de la paix dans l’arrondissement de Guéné.

Au terme des trois jours, les participants ont salué une initiative qui leur a permis de renforcer leurs capacités et de réfléchir ensemble aux moyens de préserver la cohésion sociale. L’atelier s’est achevé par une photo de famille, symbole d’un engagement collectif en faveur de la paix et de la cohabitation pacifique dans l’arrondissement de Guéné et la commune de Malanville.

Ousmane TINOUOLA

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